| Urbanisme et Agilité du support applicatif | ||
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Le système informatique instrumente le système
d’information. Lors d’une réponse cohérente de l’organisation à des pressions
externes de son environnement, l’urbanisation applicative doit être considérée comme une
harmonisation des relations entre le système d’information et le système
informatique. Le métier d'architecte technique (ou de système informatique) existe depuis longtemps. Celui d'urbaniste, parfois nommé architecte d’entreprise (ou de système d’information), est en revanche beaucoup plus récent. Urbaniste et architecte sont aujourd'hui deux métiers complémentaires dont les rôles sont fondamentaux dans la conception, l'implantation et l’évolution de systèmes durables. En synthèse, l’action de l’urbaniste s’oriente « système d’information » alors que celle de l’architecte se préoccupe du « système informatique ». Ensembles, l’architecte et l’urbaniste disposent d’une vision globale à la fois des processus, des informations et de leurs interdépendances. A ces deux fonctions,
il convient d’ajouter celle d'administrateur de référentiel dont l’objet est d'assurer une définition précise des règles de
gestion et un propriétaire unique (dans
le sens objet du principe) à chaque
information manipulée par l’organisation. Un « métier » manipule
généralement plusieurs dizaines d’informations clés auxquelles correspondent
plusieurs centaines de termes. Parfois plus d’un millier, à l’échelle de
grandes organisations, ce qui implique un sérieux travail de
recensement et de définition consensuelle. En pratique, lors de
l’analyse d’un vaste système impliquant de nombreux acteurs ou groupes
d’acteurs, une recherche lexicale peut être conduite en parallèle aux
entretiens de groupe. Depuis ses débuts, la
méthode RAD dans certaines occasions, instrumente d’ailleurs cette
formalisation lors de ses « sessions de travail ». Cette activité
nécessite un rapporteur supplémentaire qui réalise « en direct » la
synthèse du discours utilisateur afin de recenser les termes ou expressions
invoqués. Le principe se base sur le dénombrement des mots afin de réduire le
discours à ses termes signifiants. L’étude de leur fréquence récurrente permet
ensuite de définir un vocabulaire commun, de repérer les vocabulaires
spécifiques et de normaliser un vocabulaire unifié. Le recensement dépasse le
cadre du simple glossaire, où seule la terminologie serait prise en compte. Il
englobe l’aspect sémantique et facilite ensuite la modélisation des procédés. La maîtrise d’un vocabulaire métier unifié est à la base de l’amélioration du pilotage des processus de conduite de projet, d’ingénierie « métier » et de conduite du changement. De plus, la notion d’ « utilisateurs » s’élargit
jusqu’à englober les client et parfois les fournisseurs. L'évolution de la
demande applicative, associée à la maturité accrue des systèmes informatiques, oriente alors le fonctionnement
de la DSI vers la
notion essentielle de fourniture de « services ». Et ce, dans un
contexte de mise à disposition élargie pouvant franchir les frontières
naturelles de l’organisation. L’action d’urbanisation acquiert alors une
dimension stratégique. Dans le cadre général de son action, l’urbaniste de système d’information se base sur les théories de la systémique et les principes de l’objet. Partant d’une architecture applicative souvent anarchique, il la découpe, clarifie et réglemente en blocs de bas niveaux dans le but de produire des ensembles fortement cohérents et faiblement couplés. Idéalement, selon C. Longépé, « un système urbanisé comporte des blocs de plus ou moins grosse maille, dont les frontières sont imperméables (encapsulation) et qui communiquent par échanges de messages ».
En pratique, l’urbaniste utilise de plus en plus souvent la notation UML (Unified Modeling Language). Pour la définition des besoins fonctionnels, il recourt plus spécifiquement aux cas d’utilisation. Les diagrammes de dépendances se montrent plus appropriés pour la mise en évidence des relations entre les objets intervenant dans les processus métiers. Au lieu de représenter les processus comme une série d'étapes, il est parfois utile de les organiser en « vues » spécifiques aux divers acteurs : ú le dirigeant, pour définir la stratégie de l’organisation, ú le cadre opérationnel, pour agir sur l'organisation, ú l'organisateur, pour structurer le processus métier, ú l’informaticien, pour déterminer les technologies adaptées. Des outils spécialisés s’avèrent alors nécessaires pour modéliser ces représentations, et pour l’instant malheureusement, les logiciels de modélisation utilisés par les informaticiens ne répondent pas parfaitement à ce besoin. Une offre de logiciels spécialisés se développe en ce sens, mais il lui faudra pour être pérenne respecter les fondamentaux d’UML. L’exemple de la Figure 1 est une application répartie représentée avec le logiciel Amarco de Sysoft. Le diagramme (aboutissement graphique d’une méthode de modélisation orientée vers la description de services) décrit plusieurs modules interconnectés, certains internes à l'entreprise et d’autres externes. Le processus « métier » concerné est superposé sur l’organisation. Le schéma, dont une des particularités est de bénéficier d’une animation, permet de visualiser dynamiquement les processus en action à travers leurs flux, principe renvoyant à deux notions indissociables : la transversalité et le mouvement. Basé sur une forme d’instrumentation conceptuelle appliquée à l’optimisation des flux et des process, le travail de l'urbaniste représente donc une œuvre de fond dont le but est de permettre aux systèmes d’information de perdurer, tout en évoluant par osmose avec les nouvelles technologies. Pour sa part, l’architecture technique définit les divers composants et les conditions techniques de leur mise en œuvre : ú infrastructure de communication, ú répartition des données et des services, ú nature des applications systèmes et base de données, ú nature des outils et langages de développement et de documentation, ú nature des outils de l’utilisateur final, ú règles de communication avec les entités externes à l'organisation, ú procédures de sélection et d'agrément des fournisseurs et des produits, ú exigences de qualité et durée de vie des composants, ú flexibilité ou évolutivité minimale des composants. Le travail de l'architecte est également fondamental, même s'il se limite à un système particulier ou à un aspect spécifique de l'édifice à construire. Urbaniser les systèmes d’informations et d’informatique est une
chose, mais réagir à l’entropie et optimiser les processus en conséquence en
est une autre. L’objet doit beaucoup de remerciements à la systémique,
car modéliser un système complexe passe par la modélisation d’un système
d’actions. La caractérisation d’une action passant par la notion de
processus, la complémentarité de l’objet avec le BPR
est évidente. L’expérience le démontre régulièrement, il ne saurait suffire pour optimiser un système, d’optimiser l’une ou l’autre des parties sans tenir compte des interdépendances et des interactions. L’efficacité implique la nécessité d’optimiser l’ensemble et l'architecture des parties entre elles. Se limiter à automatiser par une d’application aussi utile soit-elle est insuffisant, si l’organisation sous-jacente est imparfaite. Cette théorie trouve une application pratique évidente avec le diagramme de dépendances ci-dessous (Figure 2). A l’impression, ce diagramme ne sera ni très colorié ni
très lisible, mais son intérêt se situe dans la vision d’ensemble qu’il
permet d’acquérir. Le système étudié, très simple au demeurant, se trouve
néanmoins au cœur d’un ensemble plus vaste Une explication s’impose quant aux nuances de teintes
appliquées aux objets, des packages
en l’occurrence. Le but de ce diagramme
est de répertorier les dépendances des divers composants d’un système. La
Figure 3 est un agrandissement permettant de faciliter la compréhension du
diagramme complet, car sa légende est lisible. En résumé : si le
sous-système « étudié » se réduit à trois des éléments, la
description des objets de quatre autres sous-systèmes doit être « abordée »
en relation de dépendances fortes ainsi que 11 sous-systèmes « hors périmètre »
par rapport à l’étude en cours, mais toujours en relation de dépendance à
un degré moindre. Dans le cas d’une action de maintenance ultérieure, par
exemple, cette cartographie met en évidence tous les objets directement impliqués
et ceux qui subiront éventuellement un impact. Ce principe d’urbanisme représente les bases indispensables de de l’agilité applicative.
Figure 2 . — Diagramme de dépendances Plus subtil à mettre en œuvre, le concept de stabilité est un élément de stratégie d’évolution essentiel à l’informaticien comme à l’organisateur. Une conception efficace, quels que soient la méthode ou le formalisme, s’appuie sur la complémentarité de trois axes de modélisation distincts : l’axe statique fixe la structure des données, l’axe dynamique définit les processus, l’axe fonctionnel détaille les traitements. La notion d’adaptation est la cible visée dans la maîtrise de ces axes. L’axe statique est le plus stable. Par définition, il faut pour l’atteindre dans ses bases, un changement majeur du métier de l’entreprise. L’axe dynamique colle à l’aspect organisationnel. Seule une réorganisation des acteurs et des processus doit avoir un impact sur sa définition. Les autres changements superficiels, dans la manière de traiter les produits ou les services offerts, se limitent à une redéfinition des traitements à travers l’axe fonctionnel. Lors d’un développement de SI, dans le cas où une stratégie de planification par thème, n’est pas imposée, un chef de projet compétent utilise cette théorie pour planifier son développement en fonction de la stabilité des composants ainsi mise en évidence.
Figure
3 . — Agrandissement du diagramme Principaux produits du marché en Cartographie et Urbanisation : Liens généraux sur outils MDA Banc d'essai Aris Tool Set 6.0.2 Banc d'essai Mega Process version 5.3
Systèmes d'information et processus Agiles
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