![]() | D'après les "Notes Historiques sur Ecquevilly" de Pierre Bovard Présenté par Jean-Pierre Vickoff |
D'après les recherches archéologiques, des hommes
vécurent dans la région dès les temps les
plus reculés. Ainsi le site de Meulan est reconnu internationalement.
Dans les ballastières de Flins-Les Mureaux, ont été
retrouvés des silex taillés et des ossements d'éléphants
antiques pouvant être datés de 400.000 ans avant
notre ère. Des silex du paléolithique moyen, 100.000
ans avant notre ère, ont été mis à
jour, mêlés à des ossements de rhinocéros,
au moulin de Radet, près de Maule. Le paléolithique
récent ou Aurignacien, 40.000 ans avant notre ère,
est représenté également à Maule au
" Plan de Chaumette " et le Magdalénien,
10.000 ans avant notre ère, à Bazemont au lieu dit
" le Déluge ".
Les populations de ces époques étaient très
peu nombreuses, quelques individus qui vivaient uniquement de
la cueillette, de la chasse ainsi que de la pêche dans
la Seine et dans la Mauldre.
Le néolithique (10.000 avant JC), époque suivante,
qui nous a légué des sépultures mégalithiques
(dolmens des Mureaux, d'Aubergenville et de la Justice à
Epône) atteint son apogée 3.000 ans avant Jésus
Christ et connaît un net essor démographique. Ainsi,
Nougier estime que la France, qui, dans ses limites actuelles,
avait une population de 20.000 habitants au début du néolithique,
est à ce moment là riche de 5 millions d'âmes.
Les occupants domestiques les premiers animaux, entament la culture
et fixent l'emplacement des villages, ce sont les premiers défricheurs.
L'âge du bronze et celui du fer sont marqués par
une stabilité démographique et c'est une Gaule en
pleine prospérité qui fut conquise par les Romains.
Des débris de poteries celtiques, des haches de silex ont
été trouvés dans les bois et les champs de
notre commune, ce qui laisse à penser que le site d'Ecquevilly
est très ancien.
En l'an 50 avant Jésus Christ, Jules César conquit
la Gaule et la période romaine dura cinq siècles
de César à Clovis.
Auparavant, vers l'an 100 avant Jésus Christ, un petit
village gaulois existait déjà sur l'Ile Belle, au
milieu de la Seine vivant principalement de la pêche.
Durant le premier siècle avant notre ère, les crues
de la Seine ont dues être très importantes car les
traces retrouvées de vie humaine sont séparées
par des couches de sédiments, la population démontre
ainsi l'intérêt qu'elle porte à ce site. Parallèlement,
vers l'an 40 avant J.C., elle commence à occuper les rives
exondées de la rive sud. De l'an 40 jusqu'à l'an
150 un port exista aux Mureaux à un emplacement proche
de l'Institut Médico Educatif ((I.M.E.). Ce port atteint
son apogée au deuxième quart du premier siècle,
puis se mit à décliner pour être finalement
abandonné verts 150 et il faudra attendre l'époque
mérovingienne pour sa renaissance (IXième siècle)
et le développement du bourg.
Avec la conquête romaine Meulan devient un oppidium appelé
Locenius, qui se situait à Thun et s'étendait jusqu'aux
bords de la Seine au lieu dit " la Rive ".
Les Romains ne colonisèrent pas les campagnes qui restèrent
essentiellement gauloises mais transformèrent la Gaule
par l'implantation d'une réseau de voies de communication.
Les tronçons de voies romaines mises à jour laissent
à penser qu'une voie importante, reliant Césaromagnus
(Beauvais) à Aurélia (Orléans), passait à
Locenius en longeant les marais d'Hardricourt, franchissait la
seine sur deux ponts de bois aux Mureaux et poursuivait son chemin
par Flins, Maule et Monfort l'Amaury. D'autres vestiges laissent
à penser qu'une ramification de cette voie reliait Locenius
à Poissy par Vaux et Triel.
Les Romains dénomment Carnutes (de Chartres) les habitants
de notre région au sud de la Seine et donnent à
notre village son premier nom Fraxinus (Fresnes) de même
Figulus (=potier) pour Flins.
Cette région fut évangélisée au Ivième
siècle par Saint Nicaise ; envoyé par Saint
Denis pour être évêque de Rouen, il entreprit,
accompagné par Saint Quirin et Saint Scubile, de descendre
la Seine jusqu'à Rouen en passant par Conflans, Andrésy,
Triel et Vaux ; où Nicaise et Quirin anéantirent
un serpent fameux (dragon). Auréolés par ce " miracle ",
ils baptisèrent de nombreux Meulanais et construisirent
une chapelle dédiée à la vierge au lieudit
" ferme de Thun ". Nicaise et ses compagnons
ne virent jamais Ruen, ils furent arrétés et décapités
sur les bords de l'Epte. Les persécutions cessèrent
au Vième siècle et le culte chrétien put
s'exercer publiquement.
A partir du IIIiéme siècle les tribus franques firent
leur apparition ; le terme de franc ne désignait pas
une ethnie mais une caste : celle des guerriers. Au milieu
du Vième siècle, à la suite des irruptions
des Goths, des Burgondes, des Vandales et des Huns, les tributs
franques prirent parti soit pour l'empire romain soit pour les
envahisseurs. Ce fut une période de barbarie, toute culture
intellectuelle disparut de la Gaule du nord, harcelée et
inquiète. En 486 CLOVIS battit l'armée romaine à
Soissons et ce fut la fin du protectorat romain sur la Gaule.
Après la victoire de Soissons les francs ralliés
autour de Clovis prirent le pouvoir en Gaule qui devient
la France.
Contrairement aux romains les Francs s'intègrent à
la nation gauloise ce qui provoque une rapide assimilation entre
le monde gallo-romain et le monde barbare. De ce creuset sont
sortis les traits qui vont modeler le peuple français.
Le droit barbare, non écrit, introduit une notion nouvelle :
chacun n'est tenu que par la loi qui le régit en propre
et dans laquelle il a été élevé ;
c'est dire l'importance de l'origine. Ce droit est directement
opposé à cet instrument idéal de la centralisation
qu'était le droit romain. Ceci permet d'expliquer et de
comprendre la complexité et l'extrême diversité
des institutions suivant les régions, issues de l'époque
féodale, ainsi que des tendances centralisatrices et des
tendances régionalistes qui s'affrontent dans notre pays.
Une autre caractéristique du droit franc est l'importance
de la famille, en lieu et place du pater familias latin, omnipotent,
on trouve une collectivité qui fait corps, le chef de famille
doit surtout veiller à la sécurité et à
la défense de la famille, la femme a une importance plus
grande qu'à Rome, la répudiation n'est possible
qu'en cas d'adultère.
Au XIième siècle les chefs francs se partagèrent
le pays et créèrent trois royaumes ; la Neustrie,
l'Austrasie et la Bourgogne que Dagobert réunit
sous son autorité vers l'an 630. A sa mort le royaume fut
à nouveau divisé, au hasard des combats notre région
fut rattachée à la Neustrie ou à l'Austrasie.
Dans ces deux pays profitant de la faiblesse des rois, les maires
du palais qui étaient de simples intendants, prirent le
pouvoir et devinrent les véritables maîtres des royaumes ;
le plus célèbre fut Charles Martel. Après
des guerres incessantes entre les fils de Charles Martel, Pépin
le Bref refit l'unité des territoires qui sous l'autorité
de son fils CHARLEMAGNE devint un empire.
L'administration du territoire était assuré par
des officiers royaux appelés Comites (et plus tard
comte). Chacun d'entre eux administrait une circonscription nommée
Pagus. Fresne faisait partie du Pagus Pinciacensis,
devenu le Pincerais (Poissy) qui comprenanit la rive sud
de la Seine y compris l'île du Fort de Meulan et qui était
ratachée à Chartres (d'ou le nom de Carnute
pour les habitants) ; alors que la partie nord dont Meulan
faisait partie du Pagus Velaxanius devenu le Vexin.
Après la mort de Charlemagne et durant près
de deux cent ans, régna une période trouble, marquée
en particulier par l'arrivée des Normands.
C'est à cette époque que remontent les institutions
féodales, la terre était la base du système
féodal : récompense de la bravoure et de la
loyauté, elle est attribuée dès les mérovingiens
mais à cette époque le " bénéfice "
expirait avec le décès du titulaire. A la fin du
IXième siècle, sous le règne de Charles
le Chauve, le " bénéfice "
devint héréditaire et s'appela " fief ".
Ces fiefs se constituèrent durant la période
située entre 820 et 890.
En 806 une grande partie des terres comprises entre la Seine et
l'Eure appartiennent à l'abbaye de Saint Germain des
Près par largesse royale. Démembrés par
des abbés laïques, qui constituèrent des seigneurie
laïque, cette abbaye fut définitivement ruinée
par les incursions normandes (865). Le déclin de l'abbaye
de Saint Germain des Près suit la constitution des fiefs
locaux, le comté du Vexin fut érigé
sous l'autorité d'Autran qui fut chassé par
le roi Eude pour le punir d'avoir pris les armes contre
lui et son comté fut rattaché au domaine royal.
Fresne de son cotés selon la vieille différentiation
entre entre Pagus Velixianius et Pagus Pinciacensis
appartint à la maison de Poissy.
Cette période de l'histoire comprend un certain lot d'approximation et d'obscurité par suite du manque de document écrits de l'époque. La sémantique des noms des villages, par exemple, peut apporter des renseignements intéressants. Certains ont un nom celte : Epône signifie cheval - la déesse Epona protégeait les écuries -
Mareil signifie grande clairière. D'autres ont un nom latin :
Fresne (Fraxinius), Flins (Figulus = potier), et
enfin un plus grand nombre ont un nom d'origine franque comme
Aubergenville, Gargenville, Hardricourt, les deux suffixes " ville "
et " court " signifiant domaine.
Pour la différence entre nord et sud de la Seine le terme
" court " se retrouvait essentiellement au
nord de la Seine. On peut aussi déduire que Fresne est
plus ancien qu'Aubergenville et qu'il était, à ses
débuts, surtout forestier fait corroboré par la
légende du chasseur infernal ou chasseur
éternel appelé ici Hellequin.